Exposition Ultime combat – arts martiaux d’Asie

Kung-fu Ultime combat

Le Musée du Quai Branly organise une exposition du 28 septembre 2021 au 16 janvier 2022 sur les arts martiaux d’Asie, intitulée « Ultime Combat – arts martiaux d’Asie ». Elle propose une immersion dans cette culture grâce à un choix de plus de 300 œuvres anciennes et contemporaines ainsi que la présentation d’une fresque sur l’histoire des techniques martiales, un parcours ponctué de références aux arts et cultures populaires, comme il sied à ce Musée des Arts Premiers. Si l’exposition commence par les origines hindoues et bouddhiques, son corpus principal fait la part belle aux arts chinois et japonais. Elle est abondamment illustrée par des extraits des films « mythiques » des arts martiaux .

 

La Fédération des Arts Energétiques et Martiaux Chinois – FAEMC a été invitée à présenter des démonstrations, tant pour l’ouverture, que pour le plaisir des visiteurs, le dimanche 28 novembre 2021. 

Dans le cadre de l’exposition, l’Institut des Arts Corporels Chinois a organisé, sous l’égide de son directeur Georges Favraud, un colloque le 12 novembre dans l’amphithéâtre Claude Levi-Strauss, intitulé « Culture martiale chinoise : corps, rituel et société », et rassemblant des chercheurs renommés, anthropologues et historiens (INALCO, IFRAE, CNRS, CRCAO).

La 36e Chambre de Shaolin (Shao Lin san shi liu fang), Hong Kong, 1978, réalisateur : Chia-Lliang Liu, avec Chia Hui Liu

Le thème central portait sur une dialectique entre les notions de wu (c’est-à-dire le « martial ») et de wen (c’est-à-dire la « culture lettrée »).

Ainsi, le public a pu écouter Ji Zhe à propos des soldats-tigres de l’empire des Qing, Laurent Chicop-Reyes à propos de la symbolique de la force et de sa réorientation au XXème siècle du combat au yangsheng, Georges Favraud à propos des dynamiques rituelles et techniques d’un boxeur taoïste contemporain.
L’après-midi a permis de s’attacher, grâce à Fiorella Allio, aux rituels des prestations martiales lors des processions dans le sud de Taïwan, puis aux diagrammes magico-tactiques dans le théâtre et dans les romans d’arts martiaux, lors de l’exposé de Vincent Durand-Dastès, et aux caractères de la martialité dans la statuaire du Henan, avec Alain Arrault.

Nous avons eu le plaisir de voir en visioconférence depuis Hong Kong David Palmer, qui a présenté une étude d’un grand rituel de Chine méridionale.

Mannequin d'acupuncture chinois

Mannequin d’acupuncture,
dynastie Qing
(1644-1912),

Catherine Despeux a conclu par un exposé sur l’aiguille d’acupuncture en tant qu’arme exorciste.
Celle-ci a également participé, en cours de colloque, à une table ronde avec Jean-Jacques Sagot représentant la FAEMC et Stéphane Molard représentant la FFK-AFWK.

Jean-Jacques Sagot a brossé un bref historique de l’introduction des arts corporels asiatiques en France et a mis en avant le grand bénéfice des travaux historiques et anthropologiques contemporains pour assoir légitimité et sérieux dans l’enseignement et la transmission.
Plusieurs structures fédérales œuvrent en France à la promotion des arts corporels chinois : les échanges furent courtois et tournés vers l’avenir.

Catherine Despeux a replacé le sens du mot « tradition » à sa juste place et engagé les tenants occidentaux à développer ces arts en direction de la diversité des demandes. C’est ainsi que l’on a pu conclure que le wu et le wen se complètent fort bien, que la recherche sur le terrain a elle aussi son mot à dire, et que les appellations « art martial » et « art de longue vie » (titre proposé par Catherine Despeux dans son premier ouvrage de 1977) étaient encore fort actuelles pour synthétiser la qualification de nos arts : le « patronyme » de la FAEMC est vraiment justifié en associant « énergétique » et « martial ».

Ce colloque est disponible en replay sur YouTube.
1ère partie
2ème partie

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